• Ntite Mukendi Aubert Kizito

  • Notre humble témoignage pour rendre hommage à notre grand-frère bien aimé Aubert-Kizito Ntite Mukendi

    3 août 2016 | Presse
  • Par Léon KADIMA MUNTUNTU Co-Fondateur de l’UDPS - UDPS online

    En ce jour où nous voici encore réunis pour t’accompagner dans ta case aux ancêtres,
    que nos souvenirs nous rattachent toujours à toi et que ton initiation reste ancrée en nous à jamais.

    Ntite,
    Si tu savais combien tu nous manques et pourtant, tu fus pour nous une fontaine de connaissance intarissable à laquelle chacun de nous s’est abreuvé sans jamais assouvir sa soif!
    Aubert, l’une de ta devise à nous tes initiés était : je cite :  » J’offre à qui a faim tout ce que j’ai de meilleur, que chacun se serve selon sa faim et son appétit ».
    Et le plus souvent, tu ne cessais de nous dire que:  » l’initié doit initier, sinon, il
    n’aura pas de case au village des ancêtres ».
    Aujourd’hui, nous voici rassembler ici pour tes 40 jours depuis que tu nous as quitté et nos prières et nos souhaits sont que nos ancêtres t’installent dans ta case sacrée réservée aux Ntite de Bakwa-Mukendi.
    Du vivant de l’illustre disparu et, grâce à son initiation, nous allons découvrir que nous avions quelques atomes crochus en ce qui concerne l’histoire glorieuse de Bantous que nous sommes et, particulièrement dans la » cosmogonie des Baluba ».
    Depuis son école primaire, Mampaka avait déjà un grand pouvoir de prédication (Cilumbu) qui lui attirait souvent des problèmes auprès des prêtres qui dirigeaient les écoles dans la colonie du Congo-Belge, particulièrement à Kalenda.

    Nos sujets d’initiation avec Kizito étaient très diversifiés, nous allons les nommer pêle-mêle afin de vous montrer les nombreuses dimensions qu’avait cet illustre disparu que peut-être, beaucoup d’entre nous n’avait la chance de côtoyer.

    Sa vie de jeunesse à Elisabethville ( Lubumbashi);
    ses prises de bec avec Godefroid Munongo dit ( kifwakiyo), co-auteur de la première épuration ethnique des baluba au Katanga en sécession;
    ses camarades d’école dont un certain Nguza Kalaala wa Bondo alias Nguz’a Karl ‘ I Bond qui, ensemble avec son complice Kyungu wa Kumuanza, seront les grands maîtres de la deuxième épuration ethnique de triste mémoire des kasaïens toujours au Katanga ( Shaba sous Mobutu ) des années 1991-1992;
    ses premières fonctions publiques en tant d’abord que Commissaire Général aux Transports, Travaux-publics, Postes et Télécommunications. Gouvernement issu du premier coup d’État de Mobutu avec son fameux groupe de Binza contre le tout Premier Ministre élu Patrice Émery LUMUMBA et le premier Président de la République Joseph Kasa-Vubu;
    sur les calomnies infondées et surtout malhonnêtes de certains politiques congolais qui veulent à tord l’associer à la mort atroce du héros national et ses compagnons d’infortune, alors qu’il n’ y était pas associé;
    sa brouille avec le Président Mobutu et son emprisonnement à la prison militaire de N’dolo pour des motifs politiques;
    l’histoire de l’achat de deux avions DC10 de la première compagnie aérienne congolaise;
    sa découverte fortuite de la communauté d’origine entre les langues parlées en Rhodesie du Sud aujourd’hui Zimbabwe et ciluba lors de sa visite officielle dans ce pays-là en sa qualité de Ministre de Transports;
    l’avenir de ciluba et le devoir de l’élite du Kasaï de le perpétuer par de nombreux écrits et chansons ancestraux;
    la nécessité de créer un vocabulaire scientifique du ciluba conforme à l’ère informatique;
    sa contribution à la lutte que mène l’Udps en tant que co-fondateur de ce deuxième Parti sous Mobutu;
    sa mission secrète auprès des chefs coutumiers du Katanga pour préparer l’entrée au Congo par le Katanga de Laurent-Désiré -Kabila;
    ses fonctions de premier Directeur de Cabinet du Président de la République du Congo avec L.D.Kabila;
    sa brouille avec un sujet rwandais du nom de Michel Rudatenghua, conseiller financier du Président L.D.Kabila à qui il avait d’ailleurs assené un coup sonore en lui faisant entendre que Kabila n’était pas le Président du Rwanda, mais plutôt de la République Démocratique du Congo.
    C’est en plein conseil des ministres qu’il avait fait cette déclaration
    son empoisonnement lors d’une mission officielle avec le Président Kabila à Kananga par un rwandais de l’entourage du Président, il fut secrètement confié par la hiérarchie de la Province du Kasaï-Occidental à une dame médecin originaire du Bas-Congo pour les soins et qui par la suite, l’accompagna en Afrique du Sud pour des soins appropriés;
    sa séparation définitive avec Laurent-Kabila à cause de sa légèreté dans la gestion de la chose publique et son retour en France;
    son génie à reproduire l’arbre généalogique d’après ses recherches qui aboutissent à remonter juqu’à situer Kalonji-Milabi, puis Nkongolo -Mwamba et Ilunga-Mbidi-Kiluwa, ses pères fondateurs du puissant empire luba, de Matamba et Kissanga-Kasanji.
    La richesse et l’intensité de ces sujets mettent en évidence les multiples dimensions qu’était Ntite Mukendi wa Kanyinda.
    Pour cela, nous voudrions terminer ce témoignage par la pensée ancêstrale ci-après dans laquelle il va se reconnaître , car, il est déjà accepté dans l’au-delà.
    Nos ancêtres disaient que » les morts ne sont pas morts, ils sont dans nos vents, dans nos forêts, dans nos bois, dans nos fleuves et rivières, dans nos savanes et pleines, dans nos montagnes et nos rêves » etc. etc.
    Le savant s’en est allé. Mukendi Ntite était pour nous un guide, un modèle d’intellectuel,un professeur du Gai-savoir, efin, un Mukalo fier de l’être;
    ce savant cher à nous n’est pas mort, nous l’affirmons avec conviction car, il continue à vivre à travers sa tendre épouse, ses chers enfants et petits-enfants à qui il transmis son stock de gène ( diminu anyi mudibu wa Ntite Mukendi ). Cet héritage commun qui nous vient de l’humanité.
    Mampaka continuera à vivre à travers nous tous ses condisciples et combattants de lutte à qui il a transmis son Grand savoir et surtout sa sagesse.
    Il nous reste plus qu’à lui rendre hommage qu’il mérite pour tout ce qu’il a pu faire sur cette terre des hommes.
    Ne dit-on pas que » quand un combattant tombe, on ramasse ses armes et on continue la lutte ».
    Adieu Tshilobo tshia Bakwa-Mukendi.

    Se udi Mukendi wa Kanyinda ne Masengu, Kanyinda ka Mbuji wa Mukendi Kabuluku ne Kamwanya Kasengela ne Kanyeba Mueyema;
    Kanyinda ka Mbuji wa Kalala Tshibangu ne Nsamba Kapi Babo;
    Tshitandayi wa bana milongolongo;
    Bianyenga mikaba bia nsatu wa tshikoni;
    se udi tshilobo tshia manyanu Mpoy’a Mukendi;
    Ntite wa balengela kabalengedi patupu, mbadi balengela ne diambu wa mukana, Bafika mpala bengelela makaya, kayi dituka dia kumuamba pa bualu;
    Ntite kadisha bamakalenga mine;
    Ngakushidi lua muaba kayi, ngatapi tshisala ngaji kuimanyina apa ;
    Lama bana ne ba mamuabo ne Kanyinda weba mukulua bantu.

    Bet’abuéee

    Léon KADIMA MUNTUNTU